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Trouver de l'eau occupe le quotidien des déplacés d'Oicha

Pascal Mapenzi
12 avril 2024

Pour les déplacés internes à Oicha, dans l'est de la RDC, aller chercher de l’eau reste dangereux. Un forage doit faciliter l’accès à l’eau potable dans le camp.

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Des déplacés internes à Goma munis de bidons d'eau
En mars, la Croix-Rouge internationale a demandé 52 millions d'euros pour venir en aide à 500.000 déplacés en RDCImage : picture alliance / ASSOCIATED PRESS

Oicha, dans l’est de la République démocratique du Congo, accueille 20.000 déplacés internes. L’accès à l’eau potable reste le principal enjeu. Le Comité international de la Croix-Rouge a installé, cette semaine, un forage d’eau qui fonctionne grâce à une pompe solaire. Pour la première fois, l’eau courante est présente dans le camp de déplacés.  

Kahambu Vyasongya est l’une des femmes déplacées qui entourent la borne fontaine qui vient d’être installée dans leur camp. Toutes sont curieuses de voir l’eau couler. La fontaine se situe à quelques pas de leurs abris. Kahambu Vyasongya raconte qu'"avant ce forage, on peinait beaucoup pour avoir de l’eau, surtout pour nous, les personnes âgées. Pour avoir l’eau, on était obligées de se réveiller à deux heures ou trois heures du matin pour revenir à huit heures le matin. Aujourd’hui, je peux dormir et je ne me déplace plus parce que l’eau est déjà à l’intérieur du camp".  

Ecoutez le reportage à Oicha...

Attaquées en pleine nuit 

Kavugho Kavuke vit aussi dans ce camp depuis deux ans. Elle explique qu’il y a trois mois, elle a été attaquée la nuit par des inconnus en allant puiser de l’eau. Comme toutes les autres jeunes filles du camp, elle devait parcourir de longues distances pour trouver de l'eau potable.  

"Je m’étais réveillée à minuit pour aller à la source, se souvient-elle. On était cinq filles et on avait parcouru une longue distance. A notre retour, des inconnus nous ont arrêtées, ils nous ont intimidées et ont menacé de nous violer. Nous avons réussi à nous sauver en abandonnant nos bidons d’eau."

Des milliers de personnes déplacées vivant dans ce camp voient déjà leur vie s'améliorer, grâce à ce forage d'eau potable. 

Escales : déplacés et réfugiés

A Oicha, un accès à l’eau courante pour seulement un tiers de la ville 

Neema Siyango a été désignée pour la surveillance et la propreté de la borne fontaine. "Chaque matin, je nettoie, et personne ne peut entrer avec des babouches ou des bidons, assure-t-elle. Nos enfants avaient souvent des diarrhées, des typhoïdes, des malarias, par manque d’eau propre. Des femmes et jeunes filles étaient piquées par des moustiques en allant chercher de l’eau la nuit. Nous espérons qu’avec cette eau potable, tout cela va disparaitre."

La réalisation de ce forage qui fonctionne grâce à un système photovoltaïque, avec six bornes fontaines, va permettre à 7.000 personnes déplacées vivant dans ce camp d'avoir un accès facile à l'eau potable.  

Mais même en dehors du camp de déplacés internes, les besoins restent importants. A Oicha, une ville de 180.000 habitants, seulement un tiers de la population dispose d’un accès facile à l’eau potable.